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Faut-il être souple pour faire du Yoga ?

Red Flex par Ben Raynal

Au moins une fois sur deux, lorsque je parle du Yoga aux personnes que je rencontre, j’entends “Ah mais oui, mais moi, je ne suis pas souple”, sous-entendu : “ je ne suis pas souple donc je ne peux pas faire du Yoga…”

Mais comment vous dire…

Les objectifs du Yoga ne sont pas :

1. De se produire en spectacle

Vous pouvez le constater ci-dessus, une posture de Yoga exécutée par une personne très souple a une esthétique évidente. Et pour faire connaitre le Yoga, on peut être amené à montrer les postures.

Cependant, lorsque vous vous présentez à un cours de Yoga, vous ne participez pas à un casting pour un défilé de mode, ni pour un spectacle sur scène ! Ce que vous allez vivre est très intérieur, même si ça a un aspect visuel, c’est à l’intérieur que ça se passe !

2. De faire de la compétition

La recette pour être malheureux : comparez-vous à votre voisin.

Auteur inconnu

Ah, le regard des autres !!! Que va-t-il penser si je ne parviens pas à m’asseoir en tailleur ?

Je me souviens d’un stage où notre professeur nous avait demandé de regarder une pratiquante qui exécutait une posture très difficile : la posture des 8 courbes.

Posture des huits courbes par Dave Rosenblum

En nous la montrant, il lui disait “c’est bien”. Alors l’un des participant a rétorqué : “Bien sûr, c’est facile pour elle, c’est nous pour qui c’est difficile qu’il faudrait féliciter pour nos efforts !”.

Oubliez tout ça lorsque vous êtes sur le tapis. Regardez ceux qui y arrivent mieux que vous uniquement pour progresser, pas pour vous sentir mal. C’est parfois utile de regarder quand on n’a pas compris les instruction, ou qu’on dormait Clignement d'œil , un petit coup d’œil peut nous remettre sur le bon chemin. Mais pitié, pas de comparaison malsaine, les corps sont différents, tous, et forcément les effets visuels sont différents. C’est notre égo qui établit un jugement de valeur et il n’est pas tendre avec nous !!!

3. De mettre des barrières

Il y a une question que je me pose : ‘”Le Yoga est-il fait pour tout le monde ?”. Plusieurs personnes pensent que non pour différentes raisons : “on n’aime pas ça’”, “on n’aime pas l’idée de se poser, de suivre les instructions d’un professeur presque gourou “ …

Et moi, je pense que oui, que c’est universel, en sachant que le Yoga, ou “recherche de l’unité”, ce ne sont pas seulement les postures, c’est une attitude dans la vie vers laquelle on tend. C’est une évolution de l’être humain.

Et donc, on peut enseigner le Yoga à toute personne mentalement apte à entendre ce qui est suggéré. Mais attention, pour certains, ce sera compliqué, voir impossible en cours collectif, s’il y a une pathologie particulière qui requiert des adaptations aux postures

Tout ça pour dire qu’en cours collectif de Yoga, toute personne sans pathologie particulière est la bienvenue !

Les bienfaits du Yoga concernant la souplesse

1. Vous allez améliorer votre souplesse

Le Yoga peut être abordé à partir de plusieurs points de vue : on peut le considérer comme un simple exercice physique pour faire du “sport”, comme un moyen d’être en meilleure santé, de s’assouplir, de se libérer l’esprit, de réduire son stress ou d’évoluer sur le plan spirituel …

Quelles que soient vos motivations pour faire du Yoga, en pratiquant les postures, vous allez améliorer votre souplesse. Mais il faut le considérer à partir de là où vous en êtes actuellement, pas en comparaison avec votre idéal. Vous avez une certaine souplesse X aujourd’hui, en pratiquant, vous allez avoir une souplesse X+0.1 ou X+1 ou X+2, cela dépend de votre pratique et de votre corps. Peu importe, ce qui importe c’est que vous améliorer quelque chose…

Vos faiblesses sont vos marges de progression potentielle.

Auteur inconnu

2. Mais pas à n’importe quel prix

Il faut du temps et de la douceur. Pas question de forcer. La souplesse s’acquière principalement par étirement des muscles, ou plutôt par leur relâchement progressif. Les tendons ne sont pas extensibles ou très peu.

Ne chercher pas à “forcer” vos articulations, prenez la posture avec une petite tension qui signale qu’il y a étirement et laissez agir le temps…

Ce qu’on cherche, ce n’est pas de prendre la posture finale en une fois, c’est d’aller “vers” la posture en levant les empêchement au fur et à mesure des cours, cela ne se fait pas en une fois.

J’aime bien prendre l’exemple d’un musicien qui aborde un opéra. Qu’il soit expérimenté ou novice, il est inutile qu’il cherche à le jouer en entier du premier coup ! Il doit étudier, s’approprier chaque petite partie de la pièce musicale et il y arrivera plus ou moins vite en fonction de son niveau.

Faites comme lui, apprenez à jouer de votre instrument qu’est votre corps et proposez lui les postures, et s’il y a des parties de la partition qui vous sont difficiles, travaillez les patiemment, sans crispation et acceptez la difficulté qui vous est proposée…

3. Vos articulations doivent vous dire merci

Sur le plan purement physique, le Yoga lutte contre l’usure du temps.

Il est important de mobiliser les articulations pour qu’elles ne se rouillent pas. Les mobiliser permet d’y faire circuler le liquide interstitiel qui nourrit les cartilages mais, si on force trop, on risque au contraire, de les abimer.

Vos devez être précautionneux avec vos articulations . cherchez la tension qui est juste pour chaque articulation, au delà de laquelle vous sentez que vous la “forcez” … C’est assez subtil à ressentir parce que certaines articulations sont sensibles de base et donc, dès qu’on les mobilise, ça fait mal.

Appuyez-vous sur leur résistance. Quand j’interviens pour aider les élèves à aller plus loin, je sens tout de suite s’il y a une résistance que je ne peux forcer ou si ça se laisse étirer un peu plus. Soyez votre professeur et ressentez si la résistance est forte ou faible, cela vous indiquera jusqu’où vous pouvez aller. Dans le doute, allez moins loin.

Et vérifiez également la douleur qui suit vos séance. Il y a une douleur non préjudiciable que sont les courbatures (2-3 jours) et une douleur que vous devez éviter qui se localise au niveau des articulations et qui dure un peu plus longtemps, soyez-y attentifs.

Attention en particulier aux genoux :

Vous pouvez tutoyer toutes vos articulations sauf le genou.

Auteur inconnu

Les ressentis lors d’un cours de Yoga

1. Satisfaction de notre égo

Si l’on s’abstient de se comparer aux autres, notre égo va avoir des petites satisfactions personnelles en constatant qu’à force de faire une posture, on va un peu plus loin. Bon, ce n’est pas trop dans l’esprit du Yoga mais il n’y a pas de mal à se faire du bien. Ne boudons pas notre plaisir, ça peut être un moteur pour continuer notre pratique de voir que nos efforts sont récompensés !

Et si à moment donné, ça décline, ayons l’humilité d’accepter tout en se disant que si nous n’avions pas fait de Yoga, ce serait sans doute pire !

2. Relâchement des tensions

Alors, on a parlé d’effort, j’ai déjà mentionné la notion de sthira –sukha (Fermeté-Aisance) dans mon article précédent, donc, l’effort, la volonté sont présent : on fait l’effort de prendre la posture et de la tenir. Mais, en même temps, quand on est dans la posture, c’est le relâchement qu’il faut chercher.

Et ça, c’est difficile à trouver au début parce que culturellement, on ne nous a pas appris cela, on nous a plutôt appris que si on veut aboutir à un résultat, il faut “transpirer” et être dans l’effort jusqu’au bout. D’ailleurs, certains pensent que le Yoga n’est pas physique parce qu’on ne transpire pas … Mais donc, à un moment, il faut lâcher prise et c’est ainsi que l’on progresse dans la souplesse…

3. Un corps délié

Il y a certains aspects du Yoga que j’aimerais vous transmettre mais qui sont difficiles à mettre en mots. j’espère y arriver un jour mais cela rejoins le domaine de l’indicible, ces choses qu’on ne peut comprendre que lorsqu’on les a vécues. Parfois, les mots n’existent pas, il faut passer par des images pour expliquer. On retrouve cela dans la poésie, la musique, ce qu’on ressent est difficile à exprimer.

Le Yoga permet de délier le corps.Je vais vous raconter un exemple que j’ai vécu. J’ai du mal à pratiquer les postures de flexion vers l’avant comme la pince (ou posture de l’étirement de l’ouest – paschimottânâsana) et j’ai toujours pensé : c’est normal, j’ai les ischio-jambiers(muscles de l’arrière de la cuisse) trop courts, il faut que je les étire.

Or, un jour je préparais un cours justement axé sur ces postures avec plusieurs exercices de préparation. Une fois que j’ai eu préparé mon cours, je l’ai pratiqué pour vérifier que j’étais au clair sur tous les exercices. Bien, séance habituelle.

Puis le même jour j’avais une séance avec mon professeur qui avait également axé sa séance là dessus. Et il n’est arrivé quelque chose de fabuleux, je ne sais pas si je vais réussir à vous le décrire. Nous étions en posture de la tête au genou (jânushirâsana). Je ne forçais pas, je cherchais la détente. Et soudain, j’ai ressenti une série de relâchements dans le dos comme si, ça se détendait au niveau de chaque vertèbre, l’une après l’autre et je suis descendue bien plus loin que d’habitude. C’est très difficile à vous transmettre mais c’était très agréable de ressentir ce relâchement progressif, de l’ordre de l’extase !

Je vous souhaite de vivre ce genre d’expérience.

Si vous souhaitez faire une petite séance « détente », n’hésitez pas à vous inscrire ci-dessous.

Photo entête par Ben Raynal

Photo “posture des 8 courbes” par Dave Rosenblum

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